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Soin & beauté

L'argile

L’autre jour en jardinant, je me suis piquée le doigt sur mes rosiers. Le soir-même, le bout d’épine profondément logé dans la chair provoquait une vive rougeur douloureuse. Avant d’aller dormir, j’ai mis une noisette d’argile sur l’endroit douloureux, recouverte d’une gaze et d’un sparadrap. Le lendemain, la douleur, la rougeur, l’épine, tout avait disparu. L’argile avait adsorbé l’intruse et résorbé le problème.

L’adsorption est une propriété active de l’argile qui lui permet d’attirer les épines, les échardes, les toxines, les bactéries, le pus, comme un aimant attire la limaille de fer. C’est sa structure physico-chimique qui explique ce pouvoir de l’argile. On devrait d’ailleurs plutôt dire LES argiles car la montmorillonite et l'illite (deux variétés) ont une capacité d'adsorption bien supérieure à celle de la kaolinite (de couleur blanche). Pour bénéficier d’un grand pouvoir d’adsorption, pour soigner un abcès par exemple, on prendra plutôt de la montmorillonite en cataplasme d’au moins 2 cm d’épaisseur.

Autre exemple d’usage, la prévention de la turista du voyageur. Pour cela, on préfèrera, comme pour toutes les utilisations internes, une argile surfine, composée de « grains » d’argile d’environ 20 microns de diamètre, qui n’irriteront pas les muqueuses. Le principe est de boire l’argile.
Comment faire ? Le soir, on met l’équivalent d’une cuillère à soupe d’argile dans un verre que l’on remplit ensuite d’eau. On mélange le tout à l’aide d’un morceau de bois, d’un objet en plastique ou simplement d’un doigt (éviter les ustensiles métalliques car l'argile a la capacité d'échanger ses ions métalliques avec ceux des ustensiles utilisés). On laisse reposer toute la nuit... Au matin, on boit le liquide qui surnage, ou mieux, on touille et on avale le liquide. Pour soigner une diarrhée, on boira un verre préparé comme précédemment après chaque passage aux toilettes.

L’argile, c’est comme l’essuie-tout, à usages multiples. Un bouton ? Une noisette d’argile. Une brûlure ? Un pansement d’argile. Des flatulences ? Un verre d’argile. De l’acné ? Un masque d’argile. Des cheveux gras ? Un shampoing d’argile.
D'où l'intérêt d’avoir toujours chez soi de l'argile prête à l'emploi : en tube ou en pot. Pour faire soi-même sa pâte d'argile, dans un saladier, mettre de l'argile concassée, recouvrir d’un peu d’eau. 1 h plus tard, l’argile a absorbé le liquide et peut servir en cataplasme.

Si on prend soin de recouvrir cette pâte après usage d’une fine pellicule d’eau, de couvrir le récipient d’un couvercle ou d’un film étirable et de stocker le tout dans un endroit frais (maximum 16°C, placard d'entrée, meuble de cellier, de garage, de balcon, pas au réfrigérateur), on peut l’utiliser sans problème 4 ou 5 mois après sa préparation. Additionnée d’eau, l’argile devient malléable et s’étale. On dit qu’elle a un pouvoir couvrant, intéressant pour traiter des zones douloureuses comme les ulcères, les plaies et les escarres.

Matériau étonnant, l’un des premiers remèdes naturels connu depuis l’antiquité, l’argile charme également par ses couleurs verte, jaune, blanche. Ces teintes n’ont rien à voir avec les types d’argile ni leur qualité d’adsorption, elles dépendent des minéraux que l’argile contient en plus ou moins grande quantité.
La blanche ne contient quasiment pas de minéraux, on la dit douce et neutre. La verte est la forme non oxydée de l'argile.

Essayer l’argile, c’est définitivement l’adopter, pour ses différents usages, sa facilité d’emploi et les satisfactions qu’on en retire !

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Cécile Baudet, enseignante biologiste, puis journaliste et rédactrice en chef chez Alternatives Santé notamment, s’est spécialisée dans les médecines alternatives, l’alimentation, l’environnement et la santé.
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