Bio de la vigne au chai

Qu’est-ce qu’un vin bio ?

Si l’Agriculture Bio est reconnue depuis 1991 par la Communauté Européenne, le vin bio lui, ne l’est que depuis 2012. Avant, on ne pouvait parler que de « vins élaborés à partir de raisins issus de l’Agriculture Bio ». La réglementation portait sur la culture viticole, sans se préoccuper de l’étape suivante de fabrication du vin : la vinification.

Depuis 2012, la réglementation européenne permet de commercialiser des « vins biologiques », donc des vins provenant de raisins issus de l’Agriculture Bio puis vinifiés en chai dans le respect d’un cahier des charges défini et permet ainsi d’ajouter le logo AB..

Dans les vignes, les strictes règles de l’Agriculture Bio

Naturellement, l’Agriculture Bio interdit l’utilisation d’engrais ou de produits phytosanitaires de synthèse ainsi que de produits chimiques (herbicides, pesticides, insecticides, fongicides…). Pour le viticulteur bio, il s’agit donc de renforcer les défenses des plants et de maintenir la fertilité des sols en limitant les intrants. Il entretient alors ses sols mécaniquement et peut même choisir de ne pas les désherber.

Pour les amender, il utilise des engrais naturels d’origine organique ou minérale comme le compost, les algues, les oligoéléments, le guano… Enfin pour lutter contre les maladies, il a recours à des traitements naturels d’origine végétale, animale ou minérale, comme la bouillie bordelaise, le soufre, le cuivre…

Le passage d’une viticulture conventionnelle à une viticulture bio demande 3 ans minimum et produire un vin biologique nécessite entre 20 et 30% de main d’œuvre supplémentaire !

Au chai, moins de sulfites

Le cahier des charges de l’Union Européenne interdit désormais un certain nombre d’additifs introduits lors de la vinification.

Il réduit aussi la quantité de sulfites, c’est-à-dire le soufre utilisé pour prévenir l’oxydation et le développement de bactéries indésirables. Certaines chartes bio privées sont plus restrictives et des producteurs tendent à limiter encore davantage les sulfites, ce qui suppose une vendange mûre et saine, une grande maîtrise des fermentations et une hygiène rigoureuse au chai.

La réglementation « vin bio » autorise l’acidification, la désacidification, le traitement thermique, l’ajout de tanins, de copeaux de bois et de levures industrielles. Elle permet aussi l’ajout de sucre, de moût concentré rectifié, ainsi que d’alcool, mais tous doivent être certifiés bio.

Le saviez-vous ?

Des sulfites sont naturellement présents dans le vin.

Et la biodynamie ?

La biodynamie s’applique uniquement aux vins produits en Agriculture Bio et pousse encore plus loin les exigences. Elle est encadrée et contrôlée par des organismes certificateurs (Demeter et Biodyvin) mais ne correspond pas à une réglementation européenne.

Cette méthode de culture est inspirée des travaux de Rudolph Steiner, un philosophe et scientifique autrichien du début du XXème siècle. Elle vise à respecter la vie et les rythmes de la terre pour favoriser un bon échange avec les végétaux : un sol bien nourri nourrira naturellement bien les cultures.

Pour cela, les viticulteurs bio cultivant en biodynamie utilisent des préparations à base de plantes médicinales pour renforcer la vigne, l’aider à se développer et favoriser la biodiversité dans le vignoble.

Les « Biodynamistes » tiennent également compte du rythme lunaire, partant du principe que notre satellite et tous les astres influencent la croissance des plantes.

Lors de la vinification, la biodynamie autorise le collage, la filtration et l’ajout de sucre uniquement pour les vins pétillants, mais contraint le viticulteur à des doses de soufre encore plus réduites que celles autorisées dans l’Agriculture Bio.

Les vins bio et les vins produits en biodynamie impliquent pour les viticulteurs de nombreuses contraintes dans les vignes et au chai. Ils sont aussi la garantie pour les connaisseurs, de déguster des vins exprimant une plus grande complexité.

L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ. A CONSOMMER AVEC MODÉRATION.