Pourquoi consommer des produits de saison ?

Modifié le 3 juin 2022

À l’origine, le mot saison vient du monde agricole et signifie semaille. Il désigne ce qui est semé au bon moment. La saisonnalité est le fait de cultiver un aliment en respectant les cycles naturels propres à sa croissance. Il sera consommé à maturité.

Les saisons

En France, la majeure partie des légumes et des fruits cultivés en milieu naturel s’étalent du Printemps à l’Automne. Cependant, force est de constater que les denrées alimentaires sont facilement désaisonnalisées. On trouve des courgettes en décembre et de la mâche en plein été. Pourtant, il y a tellement d’intérêts à manger « de saison » : apports nutritionnels, bien-être animal, protection de la biodiversité…

Pour mon bien être nutritionnel

Passons en revue tout ce que vous gagnerez à déguster les aliments à la bonne saison.

Sous notre hémisphère, notre corps se soumet à 4 saisons. Il y a une logique entre le rythme saisonnier et les propositions alimentaires.

  • Printemps : l’énergie vitale remonte avec le retour de la lumière et de la chaleur. La majorité des végétaux sort de terre : premiers bourgeons, feuilles naissantes, nouvelles fleurs. On trouve alors les premiers petits pois, les carottes nouvelles et le veau de lait. Asperges et artichauts soutiennent notre foie. Et la sève fraiche de bouleau s’écoule des arbres.
  • Été : c’est le plein épanouissement. L’appétit est modéré mais les besoins en hydratation augmentent. La soif est étanchée par l’eau des pastèques, du concombre et des tomates.Nous avons besoin d’antioxydants pour lutter contre les UV du soleil et la chaleur. Alors poivrons, abricots et petits fruits rouges nous aident.
  • Automne : Les végétaux pourrissent pour enrichir les souterrains. Le corps s’apprête à hiverner. En baisse d’énergie, le système immunitaire doit se renforcer. La saison nous offre les champignons. Ils sont riches de béta-glucanes, bons pour l’immunité.  La châtaigne amène les premiers nutriments qui commencent à manquer.
  • Hiver : Le corps est à sa plus basse énergie pour s’adapter pleinement au froid et à l’obscurité. C’est la vague des dépressions « saisonnières ». Le corps veut des minéraux, des oligo-éléments et des vitamines. Les crustacés et les coquillages forts de minéraux marins sont alors en pleine saison. Les agrumes et la mâche riches en vitamine C fournissent les devantures du maraicher .

Pure coïncidence ? Non. Les produits alimentaires disponibles ne sont que le reflet des besoins du moment.

Pour protéger mon corps

pesticide

Faire pousser hors saison nécessite l’utilisation d’intrants chimiques. Les végétaux vont être recouverts d’engrais pour stimuler la pousse, seuls moyens connus pour activer une croissance décalée. Sont également ajoutés divers antigels et pesticides de conservation.

Manger « hors saison », c’est accepter de s’exposer à plus de molécules chimiques. Irritations cutanées et manifestations allergiques, gênes respiratoires, nausées et vomissements sont recensées chez les personnes qui les utilisent.De plus, certains se comportent comme des perturbateurs endocriniens.

Pour rappel, un perturbateur endocrinien est une particule à la structure moléculaire similaire à une hormone. Cela peut induire des dysfonctionnements chez certaines personnes.

Manger de saison, local et bio permet de limiter cette exposition.

Pour le respect des animaux

Chez les animaux, les femelles ne donnent de lait qu’après gestation. Chèvres et brebis vêlent à la fin de l’hiver.

En agriculture intensive, les périodes de reproduction et de lactation sont désaisonnalisées par l’usage d’hormones et d’inséminations artificielles.

agriculteur

En respectant les saisons, les goûts et la qualité nutritionnelle sont optimisés. Au printemps, les vaches profitent des premiers herbages pour donner des fromages crémeux et doux comme les reblochons d’été. L’affinage donne ensuite du caractère au fromage. Il en va de même pour la viande. La mise en pâturage ne peut se faire qu’aux saisons chaudes. Et la viande d’un animal qui a pâturé est plus gouteuse. C’est l’exemple des viandes bovines persillées des régions Auvergne.

Pour le bien de ma planète

Parlons maintenant alimentation durable. La saisonnalité est une manière simple d’agir pour l’environnement et la biodiversité en refusant les intrants chimiques.

Ces derniers portent un préjudice notable sur la qualité des eaux, de l’air et l’appauvrissement des terres. Evoquons les ravages causés sur les populations d’abeilles ou la disparition des insectes. Escargots, grenouilles, oiseaux sauvages, tous les écosystèmes sont touchés.

rechauffement climatique

Manger de saison a aussi un impact positif sur la consommation d’électricité et le réchauffement climatique. Les locaux de cultures ou d’élevages intensifs sont allumés et chauffés constamment.

Aussi, n’oublions pas que certaines denrées « hors saison » sont produites à l’étranger. A l’instar des fruits exotiques, consommer des mandarines de Chine jouent sur l’empreinte carbone. Préférons celles de Corse uniquement en plein Hiver.

Pour une question de valeur

Les valeurs de la Vie Claire sont l’œuvre de Henri-Charles Geffroy. En 1946, souffrant de son intoxication aux gaz ypérites, il crée un journal dédié à une alimentation plus saine et plus claire, basée sur les céréales et les végétaux. La saisonnalité est donc au cœur d’une logique de consommation alimentaire réfléchie pour le bien-être.

Nous sensibilisons à ce sujet en augmentant les indications permettant de choisir les bons aliments aux bons moments dans nos magasins. Nous mettons un point d’honneur à choisir des végétaux de saison et à limiter les propositions de provenance lointaine.

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