Peut-on éviter le glyphosate ?

Le glyphosate est un pesticide puissant et efficace. C’est le composant de base de nombreux désherbants, à commencer par le plus connu d’entre eux, le Roundup, commercialisé depuis 1974 par Monsanto.
Massivement utilisé dans le monde entier, le glyphosate connait aussi un succès grâce au développement des cultures de soja OGM, résistant au glyphosate.

Un usage autorisé mais controversé

L’Union Européenne a prolongé pour 5 ans l’autorisation de commercialiser le glyphosate. Cette décision a divisé les Etats Membres, et a provoqué la colère des ONG et écologistes. La France a maintenu son opposition et étudie la possibilité d’interdire les produits contenant du glyphosate d’ici 3 ans. 

 

Les dangers du glyphosate

Sur l’environnement :

L’effet désherbant du glyphosate disparait rapidement après l’utilisation, ce qui permet d’enchainer les cultures, contrairement à la plupart des herbicides. Mais il apparait des produits de dégradation comme l’AMPA, difficilement biodégradables. Ces résidus viennent contaminer durablement les sols, l’air et l’eau.

 
Sur les organismes :

Les effets sur les organismes vivants ont été et sont encore largement débattus. 
Le glyphosate pourrait favoriser les phénomènes d’antibiorésistance. La toxicité pour les milieux aquatiques est également reconnue par l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) et l’ECHA (Agence européenne des produits chimiques).

En mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le glyphosate parmi les cancérogènes probables chez l’homme. Mais plusieurs instances internationales refusent encore de reconnaitre un danger sur la santé. 

 

Des preuves concrètes de la contamination

En 2017, l’association Générations Futures a démontré l’omniprésence du glyphosate dans 2 enquêtes. La première étude, publiée en avril 2017, portait sur 30 échantillons d’urines issus de personnes d’âges variés issus de la campagne ou de la ville. Elle révèle que 100% des échantillons contenaient des traces de glyphosate ! 

Dans la seconde enquête, en septembre 2017, Générations Futures met en avant la présence de la molécule dans des aliments conventionnels vendus en France, céréales et légumineuses. Résultats 16 produits sur 30 contaminés.

 

Quelles alternatives ?

Une culture sans glyphosate, ça existe !

Bien que certains agriculteurs ou jardiniers amateurs affirment ne pas pouvoir se passer de glyphosate, des alternatives sont déjà à portée de main ! 

Une autre agriculture, nécessitant de nouvelles connaissances ou pratiques, permet de limiter l’usage des herbicides. Par exemple, décaler les semis, cultiver des plantes qui se développent précocement, et qui vont empêcher la croissance des mauvaises herbes. Les techniques de recouvrement du sol fonctionnent également, comme le paillage qui limite l’accès aux ressources nécessaire à leur développement. 

Les produits certifiés biologiques sont cultivés sans utilisation de glyphosate : il est tout simplement interdit par la réglementation européenne sur l’Agriculture Biologique. 

Les agriculteurs bio ont donc développé de nombreuses techniques : moins de désherbage, du désherbage manuel ou mécanique, utilisation de produits naturels toxiques pour les mauvaises herbes, mais sans impact pour l’environnement. 

 

Des contrôles indispensables

Compte-tenu de la présence du glyphosate et ses résidus dans l’environnement, des contrôles réguliers sont nécessaires dans les produits alimentaires. Outre la garantie apportée par la certification biologique, La Vie Claire s’engage depuis de nombreuses années à vérifier les produits qu’elle distribue
Nous avons choisi d’appliquer un cahier des charges drastique, au-delà de la réglementation, afin d’assurer la qualité des produits. Notre engagement se traduit par des recherches de centaines de résidus de pesticides dans les produits sous la marque La Vie Claire et les fruits et légumes frais. 

Le glyphosate a été intégré dans ce plan d’analyses depuis 2012, pour les légumineuses et produits à base de légumineuses, de toutes origines géographiques. En 2017, les flocons de pois cassés, les lentilles corail, la farine de pois chiches ou encore les haricots rouges ont par exemple été contrôlés. Aucun résidu n’a été détecté jusqu’à maintenant.  

Sophie Taufour
Responsable Qualité chez La Vie Claire